La domiciliation d’une micro entreprise au domicile personnel est permise, gratuite et faite par la majorité des gens. J’ai pourtant mis une soirée à comprendre deux choses que le formulaire ne dit pas : cette adresse devient consultable par n’importe qui, et deux documents peuvent l’interdire.
Domiciliation micro entreprise : la règle de base
Un entrepreneur individuel peut déclarer son domicile comme adresse de son entreprise, sans limitation de durée, dès lors qu’aucune disposition contractuelle ou législative ne s’y oppose. C’est écrit dans le code de commerce et repris sur entreprendre.service-public.fr, consulté le 29 septembre 2026.
Domicilier n’est pas exercer. On peut déclarer son adresse personnelle comme siège tout en travaillant ailleurs, chez les clients par exemple. C’est exactement la situation d’un vendeur à domicile indépendant, dont l’activité se déroule chez d’autres.
Recevoir de la clientèle ou stocker des marchandises chez soi relève d’une autre question, celle du changement d’usage du local, qui dépend de la commune et de la taille de l’agglomération.
Les deux documents qui peuvent l’interdire
Le bail d’habitation d’abord. Certains baux comportent une clause excluant toute activité professionnelle. Elle est opposable, et le bailleur peut s’en prévaloir. En pratique, une activité sans réception de public ni enseigne passe souvent inaperçue, ce qui ne la rend pas régulière pour autant.
Le règlement de copropriété ensuite. Une clause dite d’habitation bourgeoise exclusive interdit toute activité professionnelle dans les lots. Une clause d’habitation bourgeoise simple autorise les professions libérales et interdit le commerce. La distinction tient à un mot et je ne l’avais jamais remarquée avant de lire un règlement en entier.
Quand l’un des deux s’oppose, la loi prévoit une tolérance : la domiciliation reste possible pendant cinq ans ou jusqu’au terme du bail, à condition d’en informer par écrit le bailleur ou le syndic. Passé ce délai, il faut une autre adresse.
L’adresse devient publique
C’est le point qui m’a le plus gênée. L’adresse déclarée figure au registre national des entreprises, consultable gratuitement en ligne par toute personne qui connaît le nom ou le numéro SIREN. Elle apparaît aussi sur les factures et les mentions légales d’un site.
Pour une personne seule qui travaille de chez elle, cela revient à publier son adresse personnelle. Il existe une procédure de demande de confidentialité auprès de l’INPI pour les personnes physiques, mais elle a ses conditions et elle ne retire pas l’adresse des documents commerciaux déjà émis.
Ce sujet n’apparaît sur aucune des pages de création que j’ai lues. Je l’ai trouvé en cherchant pourquoi un nom d’une connaissance remontait dans un moteur de recherche avec son adresse exacte.
Les alternatives, et ce qu’elles coûtent
| Option | Coût mensuel | Ce qu’elle apporte |
|---|---|---|
| Domicile personnel | 0 € | Rien à faire, adresse publique |
| Société de domiciliation agréée | 15 € à 50 € | Adresse tierce, réexpédition du courrier |
| Pépinière ou espace partagé | 50 € à 250 € | Adresse, poste de travail, accompagnement |
| Local commercial | variable | Réception de public possible |
Fourchettes relevées en septembre 2026 sur des offres consultables en ligne, dont trois sociétés présentes à Saint-Denis. Une société de domiciliation doit détenir un agrément préfectoral : le vérifier avant de signer évite de se retrouver avec une adresse non opposable.
Ce que je regarderais à La Réunion
Les pépinières d’entreprises et les espaces de travail partagé sont moins nombreux qu’en métropole mais ils existent, et plusieurs sont adossés à des dispositifs publics d’accompagnement. La CCI tient à jour une liste et les reçoit gratuitement.
Le coût d’une domiciliation commerciale me semble se situer dans la même fourchette qu’en métropole d’après les offres que j’ai consultées, sans que j’aie pu comparer à grande échelle.
Ce que je ferais, si c’était moi
Je lirais mon bail en entier avant d’ouvrir le formulaire. Dix minutes, et cela règle la question principale. Puis je chercherais mon propre nom dans l’annuaire des entreprises pour voir à quoi ressemble la fiche publique d’une activité domiciliée au domicile.
La décision dépend ensuite d’un arbitrage personnel entre quelques dizaines d’euros par mois et la publication d’une adresse privée. Je ne crois pas qu’il y ait une bonne réponse générale.
Changer d’adresse ensuite, et ce que ça implique
Un transfert de siège se déclare au guichet unique, gratuitement pour un entrepreneur individuel. La modification est effective sous quelques jours et met à jour le registre national.
Ce qui ne se met pas à jour tout seul : les factures déjà émises, les mentions légales d’un site, les annuaires professionnels, les contrats signés avec l’ancienne adresse, et les copies indexées par les moteurs de recherche. L’adresse initiale reste trouvable longtemps après le transfert.
C’est l’argument qui m’a le plus marquée en faveur d’une adresse tierce dès le départ, même si elle coûte quinze euros par mois. Changer ensuite coûte zéro euro en formalité et ne répare pas grand-chose.
Le cas de la boîte postale
Une boîte postale ne peut pas servir d’adresse de siège. Le registre exige une adresse physique où la personne peut être effectivement jointe. Les offres de « boîte aux lettres professionnelle » qui ne sont pas adossées à une société de domiciliation agréée n’ont pas de valeur pour l’immatriculation.
La distinction tient à l’agrément préfectoral, qui est public et vérifiable. Je l’ai cherché pour deux prestataires et je l’ai trouvé en quelques minutes dans les deux cas, ce qui en fait une vérification rapide avant de signer.
Pour le reste de la procédure, j’ai remis les étapes dans l’ordre dans une autre note, et détaillé les seuils de chiffre d’affaires à surveiller une fois l’activité déclarée.
Cette question se pose pendant la procédure de création, et elle rejoint celle du choix de structure.
