Les guides que j’ai lus expliquent comment créer une micro entreprise en trois étapes : remplir le formulaire, recevoir le SIREN, déclarer son chiffre d’affaires. C’est exact et c’est inutilisable. Dans les faits, il y a sept moments distincts, et deux d’entre eux n’apparaissent dans aucune des pages que j’ai consultées.
Je les note ici dans l’ordre où ils se présentent, avec ce que j’ai pu vérifier sur les sites officiels en août 2026 et ce que j’ai relevé auprès des organismes locaux.
Comment créer une micro entreprise : les sept moments, en résumé
Décider de ce qu’on déclare, déposer le dossier, attendre le SIREN, attendre l’affiliation, vérifier l’adresse déclarée, ouvrir l’accès au compte de déclaration, noter la date de la première échéance. Les guides en gardent trois et suppriment les quatre autres, qui sont pourtant ceux où l’on peut se tromper.
Je reprends chacun dans l’ordre, avec ce que j’ai pu vérifier.
Avant le formulaire : décider ce qu’on déclare
Première étape invisible. Le formulaire du guichet unique demande une description d’activité en texte libre et en déduit un code APE. Ce code suit l’entreprise pendant toute sa vie et conditionne le taux de cotisation, la caisse de rattachement et l’éventuelle obligation de qualification.
Pour une activité de vente à domicile, la rédaction compte. « Vente de produits au domicile des particuliers » et « démarchage commercial pour le compte d’une entreprise » ne décrivent pas la même chose et ne mènent pas au même rattachement. J’ai passé une soirée sur la nomenclature de l’INSEE avant de comprendre ce que je lisais.
Le dépôt au guichet unique
Depuis 2023, le portail de l’INPI est le point d’entrée unique. Les pièces demandées sont une pièce d’identité, un justificatif de domicile de moins de trois mois et une déclaration de non-condamnation. Pour une activité réglementée, un diplôme ou une attestation de qualification s’ajoute.
Le dépôt est gratuit pour une activité commerciale ou libérale. Les sites qui facturent une « assistance à l’immatriculation » vendent un service de saisie, pas une formalité obligatoire. Je le signale parce que plusieurs personnes autour de moi ont payé sans savoir que c’était évitable.
L’attente, et ce qui circule pendant
Une fois le dossier déposé, l’INSEE attribue le SIREN, puis l’URSSAF ouvre l’affiliation. Les deux ne vont pas à la même vitesse et le second dépend du premier. Entre le dépôt et l’accès au compte de déclaration, comptez de deux à six semaines selon ce qu’annoncent les pages officielles.
| Document | Émetteur | À quoi il sert |
|---|---|---|
| Accusé de dépôt | Guichet unique INPI | Preuve de la démarche, pas de l’immatriculation |
| Avis de situation SIRENE | INSEE | Numéro SIREN et SIRET, à joindre aux factures |
| Notification d’affiliation | URSSAF | Ouvre le compte de déclaration en ligne |
| Attestation de vigilance | URSSAF | Demandée par certains donneurs d’ordre |
L’activité peut légalement démarrer à la date déclarée, même sans numéro reçu. Facturer avant d’avoir le SIRET est en revanche compliqué, puisque le numéro doit figurer sur la facture. La plupart des gens attendent.
La deuxième étape invisible : l’adresse
Le formulaire demande une adresse d’établissement. Beaucoup indiquent leur domicile sans se poser de question, ce qui est légal dans la majorité des cas mais pas dans tous. Un bail d’habitation peut comporter une clause restrictive, un règlement de copropriété aussi. Cette adresse devient publique sur le registre national des entreprises.
C’est un point que je détaille ailleurs, parce qu’il mérite plus que trois lignes.
Ce qui change à La Réunion
La procédure est la même et les plafonds aussi. Ce qui diffère tient en trois points que j’ai pu vérifier.
D’abord les taux de cotisation : les départements d’outre-mer bénéficient de taux réduits pendant les premières années d’activité, selon un barème progressif qui est distinct du dispositif ACRE métropolitain. Le détail figure sur le site de l’URSSAF dans une rubrique spécifique, qu’on ne trouve pas depuis la page générale.
Ensuite l’accompagnement : la CCI de La Réunion et la chambre de métiers proposent des permanences et des aides au montage de dossier qui ne figurent sur aucun site national. Elles sont gratuites.
Enfin les délais de traitement, qui semblent plus longs que les fourchettes nationales d’après ce que je lis. Je n’ai trouvé aucune statistique officielle qui le confirme, donc je le range dans les choses probables mais non vérifiées.
Les quatre premières semaines après le SIREN
Ce que j’ai noté comme étant à faire une fois le numéro reçu, dans l’ordre d’urgence : ouvrir l’accès au compte de déclaration en ligne, vérifier que le code APE correspond à l’activité réelle, regarder si une assurance professionnelle est obligatoire pour l’activité, et noter la date de la première déclaration dans un agenda.
Cette dernière est celle qu’on oublie. Une déclaration à zéro euro reste obligatoire, et son absence coûte une pénalité forfaitaire par déclaration manquante.
Ce qui coûte de l’argent, et ce qui n’en coûte pas
L’immatriculation d’une activité commerciale ou libérale au guichet unique est gratuite. L’inscription au répertoire des métiers pour une activité artisanale l’est aussi depuis la fusion des registres. Aucune démarche obligatoire de création ne se paie.
Ce qui se paie, et qui n’est pas obligatoire : les services de rédaction de dossier, les offres de domiciliation, les logiciels de facturation, les assurances facultatives. Chacun peut avoir son utilité, aucun n’est imposé par un texte.
Ce qui se paie et qui peut être obligatoire selon l’activité : l’assurance responsabilité civile professionnelle pour les activités réglementées, la garantie décennale pour le bâtiment, certaines qualifications. La liste dépend du code APE, ce qui ramène à la première étape.
Le stage de préparation à l’installation
Il n’est plus obligatoire depuis 2019 pour les activités artisanales. Les organismes qui le proposent encore le font sur une base volontaire, et le présenter comme une condition d’immatriculation serait inexact. Je le note parce que l’information périmée circule toujours dans des documents que j’ai croisés cette année.
Ce que cette note ne remplace pas
Je lis des textes publics et je les remets dans l’ordre. Je ne suis ni conseillère ni comptable, et une activité de vente à domicile peut relever de règles contractuelles que je n’ai pas vues. Pour une situation précise, la CCI locale reçoit gratuitement et répond mieux qu’un blog.
Si un point de cette note vous paraît daté ou faux, écrivez-moi : je corrige et je laisse trace de la correction.
Pour la suite, deux notes complètent celle-ci : les trois seuils à surveiller et la procédure vue depuis le formulaire.
